Par Joie Des Mots
La percée électorale, qui n’a surpris que ceux qui ne voulaient pas la voir venir, du parti Chega (Assez), étiqueté « populiste d’extrême-droite » par paresse intellectuelle, aux législatives du 10 mars au Portugal, clôt très probablement un cycle politique vieux de 50 ans et à bout de souffle, issu, paradoxe, d’une révolution dite des œillets, la dernière des révolutions anticapitalistes qui ont égrené l’histoire de l’Europe. Dans ces années post-68, elle avait enthousiasmé toutes les gauches, des modérées aux plus radicales. Enfin « le monde » pouvait – soudainement et à nouveau – « changer de base ». Alors toutes faisaient le pèlerinage à Lisbonne, après l’avoir fait dans les années 60 à La Havane. Et en revanche, elle avait rendu fébriles toutes les droites… Le communisme sonnait à la porte de l’Europe.
Pourtant, ce ne fut pas un prolétariat avec à sa tête un parti d’avant-garde léniniste, mais un classique coup d’Etat fomenté par une poignée « de capitaines », mal payés, déconsidérés, d’origine modeste pour la plupart, surtout las de mener une guerre coloniale qui durait depuis 13 ans, elle aussi la dernière de l’histoire européenne, au Mozambique, en Angola et en Guinée-Bissau, au Cap Vert, à San Tomé et Principe, les dites « provinces ultra-marines », qu’ils ne pouvaient ni gagner ni perdre, qui en a été à son origine.
https://www.causeur.fr/portugal-50-ans-revolution-des-oeillets-un-peu-fanes-281297
(Depuis la lettre des généraux français, j'en rêve. En juillet 1974, nous y étions en vacances, mais nous avions connu le Portugal sous dictature et là, tout à coup, les Portugais parlaient et les Français ils voulaient tout savoir de leur "démocratie", et à l'époque nous étions socialistes et on y croyait encore !!!)

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