Par Joie Des Mots
Par Théophraste R.
Donc, des armes chimiques ont été lancées en Syrie. Et les
armes chimiques, c’est comme les frisbees, ça ne se lance pas tout seul. Il y a donc un ou plusieurs coupables qui ont franchi "la ligne rouge". Mais
écoutons attentivement le bruit de fond médiatique...
"Il faut punir Assad" disent-ils. Certains rajoutent "Attendez, on n’a pas de preuves qu’Assad soit coupable". Jusque là, j’arrive à suivre. Et ensuite ? Ensuite... rien. Car étrangement, il manque la phrase qui devrait naturellement s’enchaîner : "Néanmoins, le coupable sera puni, quel qu’il soit". Et quel qu’il soit, ça voudrait dire bombarder les rebelles, l’Arabie Saoudite, Israël, les États-Unis ou même le Vatican... Mais toutes ces dernières options sont par définition impossibles, la culpabilité d’Assad devient donc obligatoire.
Oui, disent-ils, en cas de crime, nous punirons le coupable, mais à condition que le coupable soit X, car nous ne punirons jamais ni Y ni Z. Il faut donc que X soit le coupable, sinon... Sinon rien. Ce qui, soit dit en passant, laisse une belle marge de manœuvre et devient sacrément tentant pour tous les Y et Z. Mince, on dirait qu’il s’agissait d’une invitation à peine voilée.
Théophraste R.
(Les non-dits en disent parfois long)
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