Par Joie Des Mots
C’est désormais un classique. Chaque année pour sa com’, le Salon de l’Agriculture nous sort de l’étable une vache rustique quasiment en voie de disparition. L’égérie 2017 s’appelle Fine. Une starlette dont nos politiques en campagne iront flatter l’encolure dès l’ouverture du salon, ce samedi 25 février à Paris.
Sauf que Fine, « gourmande », « petite », « discrète mais qui a du caractère », indiquent les communiqués de presse, est totalement anachronique dans le cheptel français, composé à 80 % de Holstein, ces usines sur pattes qui produisent en moyenne par an plus de 9 tonnes de lait chacune, soit trois fois plus que Fine. Des pie-noir comme elle, il n’en resterait à tout casser qu’un millier en France. Meuh !
Bref, cette race laitière bretonne est tellement représentative qu’elle tiendrait toute entière dans la fameuse ferme des mille-vaches, quintessence du productivisme agricole. Située près d’Abbeville, dans la Somme, cette exploitation modèle, couplée à un méthaniseur agricole géant, qui fonctionne en toute illégalité depuis près de deux ans… Après une étude d’impact sur l’environnement, l’autorisation a été ramenée en février 2013 à 500 vaches, la moitié de la capacité d’accueil du bâtiment de 250 mètres de longueur.
Il faut dire qu’alentour eaux et rivières font déjà le plein en nitrates, et les opposants doutent que le méthaniseur couplé à la ferme suffise à éponger la montagne d’azote contenu dans les bouses. En réalité, l’exploitation accueille 850 laitières en stabulation hors sol. Des championnes traites trois fois par jour qui pourraient dignement participer au concours de la meilleure mamelle du Salon de l’Agriculture. Après avoir déclaré en 2015 l’élevage en dehors des clous, la préfecture est montée sur ses ergots et a exigé qu’il revienne dare-dare à l’effectif autorisé de 500 bêtes, sous peine d’une astreinte de 780 euros par jour.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article33910

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