Par Joie Des Mots
... un rocher, un boulder arrondi qui ressemble à un cachalot échoué ; une grille s’ouvre et je me retrouve dans une de ces fameuses caves, mal traduites par grottes, parce qu’en fait, ce sont d’étranges espèces d’espaces creusés à main d’homme dans la roche.
Des chambres, les Egyptiens savaient faire, mais ici rien de funéraire, pas de descente vers des caveaux profonds : on franchit un seuil, on fait deux pas et l’on se retrouve dans une pièce vide dont les parois, la voûte, découpées comme au fil à couper le beurre dans le granit noir, sont d’un poli parfait.
On peut attendre cette perfection d’une colonne, d’une stèle, d’une statue, mais ici, dans ce volume de chapelle, elle semble surnaturelle. Pas la moindre aspérité, le moindre détail décoratif, rien à quoi accrocher le regard. Absolument rien. On fait ici l’expérience du Vide, vide qui répercute avec un effet d’écho absolument sidérant, pour ne pas dire sidéral, le moindre soupir. Et qu’éprouver alors lorsque le guide lance un OM retentissant !
Mais le meilleur reste à venir : au fond de la pièce finit par se discerner, sous une sorte d’auvent bombé comme une paupière, une porte étroite qui donne sur un espace que le faible faisceau de ma torche explore : une coupole parfaitement hémisphérique, un planétarium sans étoiles qui fait plonger dans la matière noire des espaces infinis.
http://www.bldt.net/Om/spip.php?article878



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