Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover

Raie

raie.jpg

Savez-vous ce qu’il y a de plus captivant dans un derrière de femme ? C’est la raie. Oui, la raie. La raie des fesses. Cette terrible inscription entre parenthèses, cette fossette au milieu toujours en suspens, cette lame en creux, cette rupture, cette dépression qui semble échapper à la forme et qui s’ouvre au fond, ombilic des cieux, entre-deux vertigineux, si puissant, ténu, à la fois ombre et lumière, sur le fil, en aberration, prête à basculer d’un côté ou de l’autre et si prompte aux mutations. Ainsi regardez donc une femme quand elle est allongée à plat ventre devant vous. La raie est un reptile qui file droit dans l’eau, au plus profond de l’océan. Quand la femme est accroupie tout là-haut, la tête reposant sur les bras, la raie devient le cœur même d’un oiseau qui vole au loin, au ras des cimes et des vagues, et dont les ailes argentées se déploient pour épouser l’arrondi des fesses qui aspirent à mille battements. Quand la femme est debout ou assise de dos, l’âme de la raie devient beaucoup plus proche, plus concrète, et se transforme en une tige de fleur ou un angle de mur dont les pans s’épanouissent et se recourbent en un diadème de pétales d’un livre ouvert. Alors les yeux brillent, la peau se tend et la stérile raison se sidère. Comprenez-vous ? La raie des fesses, c’est ce tendre sourire au vert, cette invitation à l’oubli, cette merveilleuse absence au milieu qui s’abandonne à tous les vents, à toutes les émanations, à toutes les sensations, à toutes les couleurs, à toute parole musclée, à tout le réel, et qui tisse patiemment entre deux univers, deux hémisphères, deux globes, deux arcs de chair et de désir, allant de l’un à l’autre, le lien qui les unira à jamais et jusqu’à l’absolu du vide et du plein. N’est-ce pas la métaphore même du poète, de l’artiste et du joueur ?

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article