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Réquiem pour un fauve ...

Quand les Français pleurent Johnny, Bébel et, désormais, Alain Delon, ils pleurent une France révolue. Je me compte parmi ces Français puisque Delon a été l’icône de ces Trente Glorieuses illusoires qui accouchèrent d’un cauchemar dans lequel nous évoluons en attendant une catastrophe qui est déjà là. Delon a imprimé notre imaginaire et s’est identifié à la France jusqu’à mourir avec elle…

Chacun a son Delon. Moi, c’est celui des années 50 et 60, Plein Soleil, Mélodie en sous-sol, les Fauves, La Piscine et, plus tard, le chef d’œuvre Mort d’un pourri. Jamais aimé le cinéma de Melville et ses parodies sinistres de films US.

Avant de se prendre au sérieux et de se concevoir comme un « monument », il fut ce jeune loup décharné et magnifique auquel nous rêvions de ressembler. Il était une sorte James Dean français, rebelle sans cause toujours, personnage de Drieu la Rochelle sans le savoir, même si le Feu Follet échut à son ami Maurice Ronnet.

Laissons aux charognards le soin prochain de dépecer sa mémoire. Moi, pour compter deux amis de mon entourage qui eurent à le bien connaitre, je me suis forgé une idée lointaine du personnage, à la fois grand seigneur et salaud impardonnable. Jamais de demi-mesure…

Mon Delon, celui qui nous est commun sans doute, c’est cet homme solitaire, le misanthrope qui préférait les animaux aux êtres humains, l’ami indéfectible de Jean Marie Le Pen et le rebelle qui posait fièrement aux côtés de Léon Degrelle. Ce n’est pas tout mais ce n’est déjà pas mal…
Christian Rol

 

 

Réquiem pour un fauve ...

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