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Rongés par les asticots ...

À l'hôpital du Mans, un service de dermatologie traite avec des larves les ulcères ou les escarres, difficiles à cicatriser. Technique surprenante, mais naturelle et rapide.

Le principe est simple et naturel : confier à des larves de mouche le soin de nettoyer les plaies. Mais pas n'importe lesquelles. « Notre spécialité concerne les plaies qui posent problème pour cicatriser naturellement. Des plaies chroniques, « couenneuses », comme les escarres ou les ulcères, souvent d'origine veineuse ou artérielle », explique le Dr Hervé Maillard, dermatologue.
Cette technique a aussi l'avantage d'être rapide : deux à quatre jours peuvent parfois suffire. Et ce, grâce à la double action des larves : « En se tortillant sur la plaie et en libérant leur salive, elles ramollissent la nécrose. Elles vont également manger les débris cellulaires. À l'arrivée, ça donne une plaie détergée, très propre. » Seul inconvénient : certains patients peuvent ressentir une douleur.
Dans un sachet micro-aéré
Que les âmes sensibles se rassurent : pour éviter que les asticots ne s'infiltrent dans le corps, ils restent bloqués dans un sachet micro-aéré de gaze synthétique, posé sur la plaie. Les vers gourmands aspirent leur casse-croûte à travers de petites alvéoles, mais ne peuvent pas s'échapper.
Pour éviter la propagation de ces larves stérilisées, dont l'élevage, le transport et le stockage font l'objet d'une surveillance drastique, les soins ne peuvent être prodigués qu'à l'hôpital, sous surveillance médicale. Et après une autorisation temporaire d'utilisation délivrée par l'Agence française du médicament.
Malgré son efficacité, la larvothérapie que pratiquait déjà le chirurgien Ambroise Paré, au XVIe siècle, reste limitée : quatre à cinq patients par an au Mans. Elle est plus développée dans les pays du nord de l'Europe.
En revanche, l'hôpital sarthois développe une autre innovation : l'électro-stimulation, dont bénéficient une à deux personnes chaque semaine. « On fait courir un courant de faible intensité sur la plaie, pour favoriser la migration de certaines cellules. » La séance dure trente minutes, matin et soir. Le traitement, qui peut se faire à la maison, est moins rapide que la larvothérapie, mais aussi moins coûteux. Et parfaitement indolore. « C'est même mieux que ça : il diminue la douleur. »

Jérôme LOURDAIS.
Vous me pardonnerez, je n'ai pas mis d'image lol

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