Par Joie Des Mots
C'est le bees buzz ! Les abeilles urbaines sont tendance. Les ruches se multiplient dans les villes. Selon le Syndicat
national de l'apiculture française (SNAF), on en dénombre 1 500 en France.
Et dans les sites les plus insolites : sur le toit de « ma tante » (le Crédit municipal) à Paris, sous les fenêtres de François Cuillandre, le maire de Brest. Et même au-dessus
de la tête des salariés de grandes entreprises comme Xerox, à Grenoble, ou Gaz de France, à Marseille.
Phénomène de mode passager ou acte militant face au syndrome d'effondrement des colonies d'insectes pollinisateurs ? Chez les urbains soucieux de l'avenir de la biodiversité, l'engouement
est comparable à celui que connaissent les jardins partagés.
Le Rennais Philippe Jouan, technicien de laboratoire, s'est formé auprès de professionnels. « J'ai deux ruches dans mon jardin, près du cimetière de l'Est et
d'autres à Orgères. Le rapport avec les abeilles est affectif. » Cet amateur éclairé constate lui aussi que « ses
ruches produisent plus en ville qu'en campagne ». Le miel est très goûteux, en raison de la diversité florale.
Un miel très goûteux
« La ville devient le camp retranché des abeilles, confirme Denis Jaffré, apiculteur dans le Finistère. Avec des floraisons plus longues et plus variées,
plus de chaleur, moins de chimie, les abeilles se portent mieux qu'en campagne. »
De nombreuses collectivités locales excluent l'usage des traitements phytosanitaires, tenus comme grandement responsables de la disparition des abeilles. C'est le cas de la ville de Rennes qui,
depuis 2011, met à disposition d'apiculteurs des parcelles du domaine communal.
« L'apiculture urbaine est un phénomène réactif, estime Yves Vedrenne, président du SNAF. Les professionnels qui investissent le champ urbain
veulent démontrer que, dans de meilleures conditions, les abeilles produisent plus et mieux. »
Le capital sympathie de l'abeille n'aura échappé à personne. Surtout pas à des artistes comme Olivier Darné et le Parti poétique. Ils proposent d'investir dans un compte épargne abeille
(banquedumiel.org). Les sommes collectées sont réinvesties pour l'élevage de nouvelles reines. « Nous transformons de l'argent mort en abeilles
vivantes », dit le plasticien apiculteur.
Même certaines entreprises pas franchement écolos surfent sur la tendance en parrainant ou en s'offrant des ruchers à grand renfort de communication. Histoire de « verdir » leur image
à moindre frais...
Anne-Élisabeth BERTUCCI.
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