C’était presque effrayant de voir la vitesse à laquelle une personne avec qui on avait été particulièrement intime pouvait pâlir et disparaître. Ou c’était peut-être justement pour ça : on avait été si proches que par la suite, quand cela n’était plus,...
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J’éteins ce textecomme une lampequi a trop brûlé les yeux.Le livre n’est plus visiblesur la table, les pagesfument où quelque bonheurpressait le corpsde livrer ses sources,ami toujours vert.Je me lève à froiddans un souci devenumien, dans un néantqui...
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À l’image de notre société. Jamais expression n’aura été aussi adaptée pour décrire l’état de décrépitude d’une société dont le tissu social ressemble bien plus à un torchon qu’à des serviettes. La fracture sociale chère à celui qui est allé manger des...
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c'est pour toi que j'aime la lumière les hommes les arbres qui te ressemblent tout ce qui bouge et respire et la pierre éternelle et le flot partageant tes espaces et l'eau chantant l'amour c'est pour toi et c'est toi qui marches dans les miroirs et partout...
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Tu riais, tu te renversaisDans mes bras et l’aube amoureuseIlluminait ma tête creuseEt lourde, mais je te berçais En chantant. Le jour dans la pluieSe levait et n’en pouvait plus.Contre ta hanche étroite et nue,Je tombais enfin d’insomnie. Matins amers,...
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Désormais, nous parlions pour ne rien dire. Nous vîmes s’installer entre nous l’écran de ces mots lisses, de ces reflets sonores du quotidien, de ce liquide verbal dont on se sent obligé, on ne sait pourquoi, de remplir le silence. Avec stupeur, je découvrais...
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Ce sont les enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles. Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent qu'un bonbon à la fois, mais plus tard ils le font payer cher à la société. Méfiez-vous des enfants...
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Je regardais ses yeux briller intensément et ses mains replier délicatement sa serviette de table. À cet instant c'était tout elle : d'une grande fermeté et d'une extrême douceur. Je crois que son charme venait en partie de cette étrange alliance. Exaltante...
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Je me souviens des obsèques de ma grand-mère, en février 1984. J'avais de la famille, les soeurs de mon père, qui venaient de Lorient et de Vannes.Nous avions organisé un repas chez nous.Toute cette génération de mes parents autour d'une grande table...
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Alors je m'assois à ta table. Parce que c'est de toi que me vient le feu. Il n'y a point de geste ni de vérité où n'aient dormi ta nuit et ta folie. Il n'y a point de vendange ni d'eau dans lesquelles tu n'aies déposé le silence créateur. Je dis : regarde,...
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