Par Joie Des Mots
Par Jean-Claude Guillebaud
Une société devrait révérer ceux qui lui sont le plus utile. La nôtre donne l’impression de faire exactement l’inverse, idolâtrant ceux qui la parasitent et dédaignant ceux qui la servent.
L’injustice qui frappe aujourd’hui certaines professions, n’est pas seulement affaire de chiffres et de salaires. Il faut aussi – et peut-être surtout – compter avec l’humiliation d’un déclassement. Prenons d’abord l’exemple des enseignants, profs du secondaire ou maîtres des écoles. Quand on s’intéresse à ce qu’ils expriment sur les réseaux sociaux ou ailleurs, ce qui frappe, c’est leur ton et la souffrance qu’il reflète, le sentiment d’abandon ou d’incompréhension dont ils témoignent. Sauf exception, ce ne sont pas des lettres de lobbyistes ou de syndicalistes en action qu’on pourrait soupçonner d’en rajouter pour les besoins d’un combat. Non, ces témoignages sont le plus souvent directs, exprimés sans calculs. Placés en première ligne dans un contexte de dislocation sociale, les enseignants ont vu durant les dernières décennies – et très injustement – se dégrader leur statut social.
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