Par Joie Des Mots

La fatigue est venue et, avec elle, une minuscule retraite
Je suis entré dans ce pré.
Je n'en sors plus.
Au début je lisais.
Nuit et jour.
Cela m'est passé.
Je ne voudrais pas être trop injuste avec les livres.
Je leur dois de belles heures.
Ils viennent, ne l'oublions pas, des arbres.
Parfois ils s'en souviennent :
certaines phrases de certains livres
bruissent comme les feuilles de l'acacia.
Mais j'attends tellement plus.
Ne me demandez pas ce que j'attends ainsi.
Je ne saurais pas vous répondre.
Christian Bobin
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