Par Joie Des Mots
À part tenter d’instaurer ce « juste prix », la loi demeure muette. Le mot « bio » n’apparaît qu’une seule fois, à l’article 10, consacré à la restauration collective. Celui-ci confirme la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de proposer dans les cantines scolaires ou restaurants d’entreprise 50 % de produits dits bio ou locaux d’ici 2022. Problème, le projet de loi ne fixe pas d’orientations pour y parvenir. L’objectif de produits spécifiquement bio dans les cantines reste cantonné à 20 %, et sera ultérieurement précisé par décret. « Cela ne va pas assez loin, on demandait 30 % », rappelle Laure Ducos, chargée de mission agriculture à Greenpeace France. Au-delà de ces 20 % d’aliments bio, quels types de produits dits « locaux » composeront les repas en cantines scolaires et restauration collective pour atteindre ces fameux 50 % ? Ces aliments proviendront aussi bien d’exploitation en conversion vers le bio que de produits « bénéficiant d’autres signes de qualité ou mentions valorisantes ou présentant des caractéristiques équivalentes », stipule le texte. « Qu’est-ce qu’une équivalence ? Et qui la détermine ? C’est une formulation très ambigüe et de ce fait très dangereuse : cela peut être une façon de remettre en cause la certification des labels existants, et ainsi de les affaiblir. Il y a une vraie menace de détricotage du label AB », s’inquiète Sophia Majnoni, déléguée générale de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). Un produit cultivé avec seulement un peu moins de pesticides sera-t-il jugé « équivalent » à un produit bio ? La notion de produits « locaux » n’est, elle, pas non plus définie.
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