Par Joie Des Mots
Par Armand Farrachi
Peu après les attentats du 11 septembre 2001 à New-York, les États-Unis d’Amérique ont inventé un nouveau concept : la consommation patriotique. Il s’agissait de consommer encore davantage, pour faire tourner l’économie et rendre ainsi son plus brillant moral au pays meurtri. Le citoyen poussant son Caddie devenait ainsi la figure de proue de l’esprit national, le héros des Temps modernes, une sorte de général Custer de la civilisation en marche contre la barbarie, prêt à lutter jusqu’au bout pour son flacon de ketchup ou son lecteur DVD. Que n’applique-t-on de tels remèdes aux divers désastres qui s’abattent en pluie sur cette partie du monde ?
En s’interrogeant sur la question de la santé en France, on pourrait tout aussi bien se demander si
le devoir d’un citoyen français ne serait pas de souffrir ou de mourir du cancer pour participer à la prospérité de l’économie nationale, à l’essor industriel et aux progrès de la recherche, de
sorte qu’on mourrait presque avec autant de gloire et de misère dans les hôpitaux aseptisés, que nos ancêtres dans la boue des tranchées. Le cancer deviendra-t-il, lui aussi, patriotique ?
La question peut choquer, mais elle a sa raison d’être. La France industrielle envoie chaque année sur le front du cancer près de 300 000 soldats, dont la moitié ne revient pas.
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