Par Joie Des Mots
Nous ne serons même pas épargnés par une trêve pascale. Les crânes d’œuf attaquent, et arrivent en même temps que les cloches ! Le Premier ministre et le ministre de l’Économie ont en effet choisi la Semaine sainte pour attaquer frontalement le système social français. On sait bien que notre modèle social est leur ennemi. Le gouvernement n’aime pas les partenaires sociaux ni les corps intermédiaires. Il n’aime pas que les organisations professionnelles (patronales et syndicales) gèrent les grands systèmes d’assurance : bref, ils n’aiment pas tout ce qui n’est pas eux, tout ce qui imprime dans la société française une régulation et un contre-pouvoir salutaires, tout ce qui leur résiste.
Cette semaine, le système d’assurance chômage est dans le collimateur. Une double attaque, comme une sorte de tenaille, vise d’une part à réduire très sensiblement la durée d’indemnisation des chômeurs, et d’autre part à confier à l’État la gestion de l’assurance chômage, tout cela pour faire en sorte que les chômeurs soient davantage incités à retrouver un travail.
Il est habituel que la Macronie oublie ce point essentiel : le régime de l’assurance chômage n’est pas une aide sociale, c’est une assurance. L’indemnisation n’est pas une fleur faite aux personnes qui perdent leur emploi. C’est la contrepartie de l’effort qu’ils ont consenti en abondant un fonds dont la seule mission est de les indemniser en cas d’accident de la circulation sociale. Les salariés payent, et cher, pour pouvoir en bénéficier. Dans la mesure où ils la payent, cette assurance leur appartient. C’est ce qui légitime le fait que les partenaires sociaux, les représentants des salariés et des patrons – qui payent aussi – en soient gestionnaires.
La volonté ainsi affichée par le gouvernement relève d’une confusion mentale d’une haute gravité.
https://www.bvoltaire.fr/au-fil-de-leau-les-cranes-doeuf-de-paques/
(Le système des retraites, c'est la même chose, ça ne les a pas empêchés de le saborder !!!)

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