Les 100 jours ont finalement tenu leur promesse, celle d’un désastre. Le 18 avril dernier, le président de la République s’offre une intervention télévisée à son image, alors que la réforme des retraites ne passe décidément pas. Il a certes obtenu le vote aux forceps de la réforme. Mais, dans les rues des villes de France, on maintient les concerts de casseroles et l’amertume est partout. « Cette réforme est-elle acceptée ? À l’évidence, non », admet le Président, à la télévision, le 18 avril, avant d’ajouter : « Nous devons en tirer tous les enseignements. » Comme souvent avec Macron, il faut entendre le contraire... Il étale la pommade, veut rencontrer les syndicats, « engager la réforme du lycée professionnel » (sic !) et même – on se frotte les yeux ! – lancer le « contrôle de l’immigration illégale ». Mais pour faire passer ce nuage de fumée pour du concret, du vrai, il faut un engagement, un chiffre, un rendez-vous. Ce sera les cent jours. Un démagogue digne de ce nom ne recule devant rien : « Nous avons devant nous cent jours d’apaisement, d’unité, d’ambition et d’action au service de la France. » On allait voir ce qu’on allait voir : « C’est notre devoir et je vous fais confiance, je nous fais confiance pour y arriver », terminait un Macron, plus les yeux dans les yeux que jamais.
Où va le pays ?
Message reçu cinq sur cinq dans les banlieues. Après six nuits d'émeutes, le ministre de l'Intérieur, lors d’une audition devant la commission des lois du Sénat, communique le bilan de « l’apaisement » : « 23.878 feux de voie publique, 12.031 incendies de véhicules, 2.508 incendies ou dégradations de bâtiments, dont 273 appartiennent aux forces de l’ordre nationales, à la gendarmerie ou à la police municipale, 105 incendies ou dégradations de mairies, 168 attaques d’écoles, 17 atteintes aux élus. » S’ajoutent à ce bilan « apaisé » des centaines de pillages d’agences bancaires, de bars-tabac, etc., en dépit des dizaines de milliers de policiers sur le pied de guerre. La presse étrangère couvre largement les émeutes françaises, le journal allemand Tagesspiegel demandant en une : « Où va le pays ? »
https://www.bvoltaire.fr/le-bilan-des-100-jours-enthousiasme-emmanuel-macron/
