Par Joie Des Mots
Par Denis Demonpion
Producteurs de porcelets, d’agneaux et de charolais, des agriculteurs échappent à la crise grâce à un modèle réfléchi, plus proche de la nature et moins dépendant de la grande distribution.
À Marçais, dans le Cher, Jean-François Vincent, 60 ans, est un pionnier de la filière bio. Et sa petite entreprise unipersonnelle, une ferme d’élevage de cochons et de moutons en plein air sur 90 hectares, ne connait pas la crise. Jeudi 23 juillet, il n’est pas monté sur son tracteur pour aller bloquer pendant quarante-huit heures une des sorties de la ville voisine de Nevers (Nièvre), paralysée par les éleveurs conventionnels et les files de poids-lourds qui attendaient sur des kilomètres que les barrages soient levés.
Il avait à faire avec sa trentaine de truies et une ribambelle de porcelets. Il en produit 600 par an. Le soleil tapait dru et, comme ces mammifères omnivores ont la particularité de ne pas transpirer, il a veillé à garder la fraîcheur des bauges qu’il leur a creusées dans ses prairies bordées de haies, pour qu’ils s’y vautrent à loisir. Jean-François Vincent s’assurait que ses bêtes ne souffraient pas de la canicule, leur tapotant la tête à l’occasion. Il a introduit le troupeau de cochons dans sa ferme en 2007. Mais c’est vingt ans plus tôt qu’il s’est lancé dans le bio après huit années d’élevage conventionnel de moutons. Il en produit aujourd’hui 450 par an. Des dizaines d’agneaux et d’agnelles, tondus de frais pour éviter que des mouches tueuses ne pondent dans leur laine, se pressent dans leur enclos. Bêêêh ! « Malheureusement pour eux, ils vont finir en gigots », note le berger. « Produire pour maintenir un revenu n’avait pas de sens. Je n’avais pas le goût de l’intensification. Il fallait produire mieux. De meilleure qualité », dit-il.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article29051

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog