Par Joie Des Mots
Je sors de chez moi, à Marseille. Cent mètres plus loin, c’est le bas de la Canebière : foulards islamiques, abayas, djellabas et autres tenues outremarines envahissent l’espace et s’y déplacent comme chez eux. Ici, une femme sur trois est voilée, un homme sur quatre affronte en babouches la crasse de la rue. On entend parler essentiellement ce nouveau créole fait de bouts de français, de quelques mots d’arabe, de langues berbères et africaines. Je devrais m’en fiche. Après tout, je vis dans une ville dont un quartier s’appelle les Catalans, dont la rue Paradis et Beaumont sont peuplés de descendants d’Arméniens, où les Juifs séfarades sont légion, où les ex-Corses pullulent, où Kurdes et Turcs se regardent en chiens de faïence tous les samedis sous l’ombrière du Vieux-Port. Une ville fondée par des Grecs, peuplée de Gaulois, de Romains, de barbares divers, et de toutes les nations de la Méditerranée.
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