Par Joie Des Mots
Mathieu Bock-Côté n’est pas seulement un penseur, c’est un guerrier. Et ça tombe bien, dans la guerre des idées qui fait rage, nous avons furieusement besoin des deux. Pour combattre, il faut comprendre. Bock-Côté ne se contente pas d’élaborer des concepts avec précision et clarté. Il va au contact de ses adversaires, pratique l’agit-prop comme on boxe sur tous les rings où se fabrique l’opinion. Il est particulièrement réjouissant sur les plateaux de télé, où on envie son éloquence, servie par un débit en rafales – lorsqu’il est emporté dans une démonstration, on dirait qu’il n’a plus besoin de respirer.
Confiné à Montréal, au printemps dernier, lorsque les protestations après la mort de George Floyd ont viré au procès planétaire de l’Occident raciste et que le comité Traoré défiait l’État à Paris, le samouraï québécois (ne le traitez jamais de Canadien) fulminait quotidiennement à la lecture d’une presse adhérant avec ostentation à la nouvelle foi. Sa compagne, lassée par ses récriminations, lui a dit : « Arrête de râler et écris un livre ! » Et cela a donné ce manuel de guérilla à l’usage des universalistes, deux cents pages nerveuses, mêlant anecdotes et pistes théoriques pour baliser et décrypter un phénomène à la fois omniprésent et insaisissable. Le tour de force de Bock-Côté, c’est de rendre intelligible l’inexplicable : comment des nations qui se sont promis d’en finir avec le racisme peuvent-elles, non seulement adhérer à une conception raciale de l’humanité et des rapports sociaux, mais encore l’appeler « Progrès » ? De même que le dépérissement de l’État exigeait d’abord sa toute-puissance, l’avènement d’une société post-raciale passe par l’exacerbation fanatique des identités raciales.
https://www.causeur.fr/mathieu-bock-cote-revolution-racialiste-woke-200043
et la française suit bêtement !!!

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog