Par Joie Des Mots
Les retraités le disent : « je n’ai jamais autant travaillé », « je n’ai jamais été aussi heureux de
travailler ». Cela veut‑il dire qu’ils sont utiles, ou qu’ils sont productifs ? Leurs pensions sont‑elles un salaire exprimant leur contribution à la production de valeur
économique, ou un revenu différé de leur participation passée à cette production ? Qu’est‑ce que travailler ? Est‑ce avoir un emploi sur un marché du travail et produire de la valeur
pour un actionnaire dans une entreprise dont on n’est pas propriétaire, ou est‑ce, comme ces retraités heureux au travail, avoir un salaire à vie et travailler dans des collectifs (une
association, une mairie) où l’on décide et dont on ne tire aucun revenu ? L’enjeu du conflit sur la retraite, c’est le devenir du travail : exploité par des propriétaires lucratifs, ou
émancipé, du marché du travail par le salaire à vie, et des actionnaires par la copropriété d’usage de l’entreprise ? Contre les réformateurs, la démonstration faite à grande échelle par les
retraités que nous travaillons mieux sans actionnaire et sans employeur, en étant dotés d’un salaire à vie et de la copropriété d’usage des outils de travail, doit être dite, confirmée et
généralisée.
Bernard Friot
Altermonde-sans-frontières
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