Par Joie Des Mots
Par Paul Alliès
Le mot « post-vérité » vient d’entrer au dictionnaire d’Oxford, référence pour la langue anglaise dans le monde anglophone. Il désigne la progression du mensonge dans le discours politique, encouragée par les réseaux sociaux. L’annonce par Manuel Valls de son hostilité au 49.3 entre parfaitement dans sa définition.
La post-vérité ne désigne pas un phénomène inédit. Le mensonge et la démagogie en politique sont présents dés l’antiquité grecque. Ce qui est nouveau, ce n’est pas que la sincérité et la vérité soient falsifiées, c’est qu’elles soient devenues secondaires dans la conquête de l’opinion. Les réseaux sociaux seraient le vecteur de cette dévaluation de l’objectivité : l’anonymat et la profusion de leurs sources, leur potentiel viral, leur appel à l’émotion rendraient impossible l’analyse rationnelle des faits. Cette année, celle du Brexit puis de l’élection de Donald Trump a été celle de la plus forte progression du phénomène. La campagne de Boris Johnson sur le (faux) versement hebdomadaire de 350 millions de Livres par le Royaume-Uni à l’Union Européenne est devenue autant célèbre qu’efficace. Le Washington Post a calculé que 70 % des déclarations de Trump étaient basées sur du mensonge pur et simple. Les « fact-checking » ont eu beau se multiplier dans la presse, ils ne sont d’évidence pas parvenus à rétablir un équilibre de la vérité habituellement requise pour assurer la sincérité des scrutins.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article33223

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