Par Joie Des Mots
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Votre dernier livre, Journal de guerre: C’est l’Occident qu’on assassine, écrit dans la foulée du pogrom géant du 7 octobre dernier perpétré par le Hamas, a été un grand succès d’édition. Vous y attendiez-vous ?
Gilles-William Goldnadel. Certes, je ne suis pas insensible aux honneurs et ne souffre pas d’un déficit particulier de narcissisme. Mais je n’avais pas du tout l’intention d’écrire un livre à succès sur cet événement dramatique. J’ai simplement laissé aller ma plume, sans filtre, pour « gueuler la vérité », comme disait Charles Péguy, et dire ce que j’avais sur le cœur, mes obsessions, mes états d’âme. Je ne m’attendais pas à ce que mon Journal de guerre reçoive un tel accueil.
Cela ne devrait-il pas vous rassurer sur l’état d’esprit du pays ?
Le succès du livre, qui dépasse de loin le cadre du cercle communautaire, confirme mon postulat : les Israéliens et les Français sont dans le même bateau. Ce qui arrive aux Israéliens risque d’arriver un jour aux Français. Je crois depuis longtemps qu’Israël est infiniment plus détesté comme État-nation occidental que comme État juif, mais l’un n’empêche pas l’autre, au contraire. Le soutien de la population française pour Israël n’a d’égal que l’aversion à son égard d’une grande partie de la classe médiatique. C’est pourquoi je me sens tellement en harmonie avec le peuple français. La France est cependant un pays, j’allais dire une mosaïque, où, selon l’Ifop, 43 % des personnes de la communauté musulmane considèrent que les terroristes du Hamas sont des… résistants. Ces 43 % nous posent un gros problème et ça explique que les autres me lisent.
« Le pogrom m’a conforté dans mon soutien à Israël ou à cette France, qui a été si solidaire. »
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