Par Joie Des Mots
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Il est donc parti pour de bon, ce menhir qui a tant pesé sur la conscience tourmentée de nos chevaliers de la démocratie.
Il s’est barré, il s’est cassé mais il n’a pas vraiment rompu sous la pression renouvelée des faquins et des coquins du grand bal politico-médiatique.
Ce qu’il faut retenir du bonhomme, au-delà des controverses surgies et parfois entretenues dans son camp même, c’est sa stature de chef, servie par une carrure morale solide, une culture magnifique et un courage physique indiscutable. Il fut, sur ces trois points, l’incarnation d’une race d’homme qui ne se produit presque plus sous les auspices de cette France pourtant si densément pourvue en héros et héroïnes passés.
La première fois que je l’ai entendu en public, j’avais dix-sept ans. Je m’étais pointé avec un copain à l’un de ses meetings mouvementés (c’était au tournant des années 70/80) et l’on m’avait réclamé “une participation”. J’étais fauché. Je fis donc demi-tour et c’est un sympathique malabar du S-O qui engueula le préposé en lui disant, avec un fort accent du midi: “laisse-les passer. On a besoin des jeunes !” Debout dans une salle pleine, je fus ébloui par la faconde du bonhomme, par sa façon d’emballer son auditoire, de le balader entre idée et argument, de susciter ses réactions, d’arpenter sans cesse la scène pour la remplir en tout point. Il avait la présence charismatique d’un bateleur talentueux.
Je me dis que derrière les mots pointait là aussi la figure du chef, de celui qui transmet l’énergie virile et fédératrice, qui organise les rangs, qui gagne les combats avant même de les avoir entamés.
Voilà ce qui restera de JMLP dans ma mémoire d’homme. Je laisse aux analystes de tout bord le soin de postfacer sa vie politique.
Je laisse les hyènes à leurs glapissements mauvais, à leur joie minable, à l’étroitesse de leur champ visuel, à leur haine de la France.
Je me recueille une minute, le temps d’espérer qu’il y aura, sur la route de notre destin collectif, une personne pour prendre sa place – avec succès.
J.-M. M.
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