Par Joie Des Mots
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Il y a dix ans, les frères Kouachi entraient dans les locaux de Charlie Hebdo, faisaient irruption au beau milieu d’une conférence de rédaction, demandaient qui était Charb, le tuaient, puis arrosaient indistinctement toute la salle. On les vit, également, tuer un homme à terre, dans la rue. Ils furent retrouvés et neutralisés, mais désormais, tout le monde savait qu’en France, le blasphème contre la religion musulmane pouvait avoir un prix : celui de la vie.
Une décennie a passé. Les politiciens, qui disaient si fort qu’ils « étaient Charlie », se sont dégonflés. Ceux que notre excellent confrère Xavier Eman appelait « les Jean Moulin du kir cacahuètes », sortis en terrasse après les tueries « pour résister », ont fini par se calfeutrer, physiquement et mentalement, histoire de ne pas avoir d’ennuis. Dans les journaux, on se moque toujours des cathos, cible d’autant plus facile que personne ne les défend. Depuis le 7 octobre, on a tendance à éviter les Juifs, ce qui relève d’une décence bien comprise (sauf à l’extrême gauche, naturellement). Et, depuis 2015 donc, on ne dit plus rien des musulmans. Au pays de la liberté d’expression, de Voltaire, des droits de l’homme et toute cette sorte de choses, la charia a pris ses droits sur la presse, l’humour, la politique et toute forme d’expression publique en général.
Charlie a tenté, une fois ou deux, de remettre le sujet sur le tapis. En 2020, d’ailleurs, un Pakistanais nommé Zaheer Mahmood s’est rendu devant les anciens locaux du journal pour en remettre une couche. Il était armé d’une machette. Les provocateurs avaient déménagé et le brave homme fut arrêté en compagnie de cinq complices originaires du même pays. Par une cocasse ironie du sort, son procès s’ouvre, justement, ce 6 janvier, au moment même où tout le monde, sur toutes les télévisions, va rivaliser de « plus jamais ça ». Notons, pour la petite anecdote, que son geste a été « glorifié » dans son pays d’origine, tout comme les Tchétchènes avaient salué la décapitation de Samuel Paty par leur compatriote. À croire que plus on cherche des musulmans modérés, moins on en trouve…
Une décennie d'inactions
Bref, depuis dix ans, que s’est-il passé, en France ? Y a-t-il eu la moindre réaction concrète à ce massacre ? Des condamnations successives « avec la plus grande de toutes les fermetés », des coups de menton successifs des ministres va-t-en-guerre (Valls, Cazeneuve, Darmanin…), qu’est-il resté, après une décennie d’inactions, d’OQTF restées lettre morte, d’humiliations permanentes de la France et des Français par des gens qui les détestent, d’attentats déjoués, d’imams filmés en train d’insulter notre pays ? Rien. Il n’est rien resté et il ne s’est rien passé.
https://www.bvoltaire.fr/charlie-hebdo-dix-ans-plus-tard-cest-pire/
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