Par Joie Des Mots
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La soumission de la victime est la solution naturelle à laquelle toute notre culture la prépare, pour au moins deux raisons qui se cumulent.
D’abord, parce que notre société connaît la paix depuis maintenant plus de soixante-dix ans. Ce constat heureux induit néanmoins quelques effets dont il faut avoir la lucidité de prendre conscience.
Génération après génération, nos concitoyens et donc ceux qui composent nos institutions ont perdu l’habitude des considérations relatives à la violence physique.
Sa résurgence en quelques années est un phénomène rapide, qui se heurte à un décalage dans la perception qu’en ont les institutions politiques, médiatiques, administratives et judiciaires, tant dans l’analyse que dans le traitement.
Ensuite, l’inconscient collectif de notre société est totalement modelé par le syndrome de l’État maternel.
Les Français sont habitués à être pris en charge dans les différents domaines et l’actualité regorge d’exemples qui montrent combien est naturel le réflexe de se tourner vers l’État lorsque quelque chose va mal, quel que soit le domaine, y compris d’ailleurs lorsque le problème ne relève en rien des prérogatives régaliennes des pouvoirs publics.
Il en résulte que notre société tout entière est pensée pour ôter au citoyen l’idée même qu’il puisse ponctuellement assumer seul la responsabilité d’une fonction régalienne, a fortiori face à la violence.
Thibault de Montbrial, « Réflexions autour du droit de se défendre dans la France d’aujourd’hui ».
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