Voilà plus de 100 jours que Boualem Sansal croupit dans une prison d’Alger. Ni sa famille ni ses avocats n’ont le droit de lui rendre visite.
Son crime, penser, dire et écrire ce qu’il pense. Pour l’État algérien, cela suffit à enfermer sans procès un intellectuel, pour « atteinte à la sûreté de l’État ».
Âgé de 76 ans, atteint d’un cancer, ce grand écrivain franco-algérien, lauréat de plusieurs grands prix, risque de finir ses jours en prison. D’autant plus que depuis le 22 février, il a entamé une grève de la faim et cela à la suite de l’injonction qui lui a été faite par les autorités algériennes de prendre un autre avocat français « non juif ! », comme l’a rapporté le magazine Marianne la semaine dernière. Boualem Sansal a acquis tout récemment la nationalité française et il s’apprêtait à venir s’installer en France lorsqu’il a été arrêté à l’aéroport d’Alger le 16 novembre dernier.
Il est donc citoyen français mais notre Président et notre gouvernement se hâtent avec lenteur pour obtenir sa libération.
Et pourtant les moyens de rétorsion ne manquent pas, comme le montre chaque jour l’actualité. Le comité de soutien à Boualem Sansal, présidé par Arnaud Benedetti, vient de demander une nouvelle fois que cette libération soit immédiate et sans condition et a tenu à exprimer sa totale solidarité avec l’avocat français François Zimeray.