Par Joie Des Mots
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Le grand nettoyage n’a pas été fait à la Libération. De Gaulle l’a reconnu, il avait besoin des préfets Papon et des juges pétainistes pour reconstruire le pays.
L’impunité des traîtres et des collabos, sauf pour ceux que les Résistants avaient réussi à harponner, ne fut pas une exception française. On sait qu’on a appelé à de hautes fonctions à l’OTAN, à l’UE et aux USA des tortionnaires Boches, anciens officiers nazis qui auraient mérité la corde à Nuremberg, et dont les compétences en matière de répression et d’encadrement autoritaire étaient hautement appréciées.
En France, ce fut encore plus simple. Le calendrier judiciaire sauva les magistrats pétainistes. Pendant 4 ans, ils avaient requis contre les Résistants et les Juifs, et les avaient condamnés ou remis aux nazis. Les morts ne reviendraient pas leur demander des comptes…
À la Libération, début juin 44, les dossiers sensibles furent suspendus, histoire de voir qui allait gagner la guerre. La surcharge de travail et la multiplication des incidents de procédure permettaient de placer sous le coude toutes les affaires qui auraient pu fâcher. Après, en juillet-août, c’étaient les traditionnelles vacances judiciaires. On ne saurait reprocher à des magistrats harassés de prendre un repos bien mérité.
En septembre, il n’y avait plus aucun doute. Les Boches étaient foutus. Les tribunaux et leur bras séculier, la police politique, devenus gaullistes d’un coup de baguette magique, se mirent à traquer et condamner les collabos dont ils prenaient les ordres trois mois auparavant. Les vrais gaullistes n’étaient pas dupes, mais ils ne voulaient pas livrer le pays à l’anarchie et offrir les institutions aux communistes.
Ces retournements de vestes dans la haute fonction publique n’ont rien d’exceptionnel. Les rats dans le fromage n’ont d’autres convictions que celles de leur estomac. Ainsi, le 10 mai 1981 à 19 heures 59, tous les hauts fonctionnaires étaient giscardiens. Après une nuit de réflexion, ils firent savoir le 11 au matin qu’ils avaient toujours été socialistes.
Tous sauf un : Philippe de Villiers qui démissionna avec panache.
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