Par Joie Des Mots
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Le Premier ministre François Bayrou a adressé, ce lundi après-midi, à une Assemblée nationale plutôt clairsemée, des mots révélateurs, des mots de rupture. En quelques minutes, on a vu tomber l’épais manteau d’illusions dont s’étaient couverts nos eurobéats, avant que Marine Le Pen ne rappelle utilement les bienfaits d’une nation qui s’assume. Scène centrale, qui restera sans doute dans les annales.
Le président américain l’avait pourtant annoncé urbi et orbi : il forcerait les belligérants en Ukraine à signer la paix dans des délais record. Les Européens, toujours entre deux états gazeux, y voyaient un bluff, une parole en l’air.
Les choix radicaux de Trump en faveur de ceux qui l’ont élu estomaquent toujours, en Europe, les politiciens qui ont pris l’habitude de trahir leurs électeurs, à peine élus.
Les écailles tombent ainsi des yeux de François Bayrou tandis qu’il s’exprime au perchoir. Nous vivons la crise « la plus grave et la plus dangereuse que notre pays a connue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », constate avec raison le Premier ministre, sur le ton du « Que d’eau, que d’eau ! »
Il a choisi son camp, François Bayrou. Le centriste va manifester sa foi irraisonnée dans une Europe quasi divinisée. Pour lui, avant l’invasion de l’Ukraine en 2022, dans le cadre des relations apaisées entre États, « la prospérité du monde libre se développait ». Les grandes puissances respectaient les grands principes. On avait « la conviction que demain serait plus sûr qu’aujourd’hui », explique Bayrou, qui n'a pas lu les sondages sur l'insécurité en France... Que « les grands ensembles respecteraient les grands principes » : il cite la Russie, l’Inde, même, « à certains égards », la Chine, le Moyen-Orient. « Cette symphonie d’espoirs a volé en éclats en février 2022 » avec le déclenchement de la guerre en Ukraine, constate Bayrou. Le tandem Trump-Vance a fini le travail la semaine dernière. « C’est la fin de la loi du plus juste, le règne de la loi du plus fort », sanglote Bayrou. La ruine de ces « efforts depuis près de cent ans pour arracher l’humanité à son inhumanité ». L’OMC, l’ONU, la mort des droits de douane, tout cela était si beau et si tranquille.
Si naïf, surtout. Bayrou découvre que, même déguisé en agneau mondialiste, homo homini lupus : l’homme reste un loup pour l’homme.
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