Par Joie Des Mots
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Dans Le Monde, ce week-end, on débat tranquillement entre universitaires pour savoir si Trump est fasciste ou simplement illibéral, ce qui, dans la pensée progressiste et woke, n'en est que la forme édulcorée. Mais est-ce aux États-Unis de Trump que le leader du principal parti d'opposition est rendu inéligible par la Justice ? Qu'un parti est déclaré « extrémiste » et donc pourra être surveillé par les services de renseignements et pourquoi pas interdit ? Non, tous ces coups de canifs dans le jeu démocratique ont lieu en Europe, en France et Allemagne, ces deux grandes démocraties d'Europe occidentale qui ont visiblement un problème avec la possibilité d'une alternance au bénéfice de mouvements populistes de droite anti-immigration, RN en France, AfD (Alternative für Deutschland) de l'autre côté du Rhin.
La nouvelle est tombée ce vendredi 2 mai comme un couperet : après trois ans d’enquête, l’office de protection de la Constitution allemand estime que le parti nationaliste a « des aspirations contre l’ordre fondamental libéral et démocratique ». Formule assez cocasse qui pourrait justifier la surveillance rapprochée voire l'interdiction d'un parti en pleine expansion en passe de devenir le premier parti d'Allemagne (il a réuni 21 % des voix en février, derrière la CDU-CSU) ! Cet office gardien du temple démocratique allemand s'appuie sur un rapport de « plus de 1 000 pages », selon le ministère de l’intérieur, cité par Le Monde. Principal grief pour justifier cette mise à l'Index ? « La conception du peuple basée sur l’ethnie et l’origine qui prévaut au sein du parti n’est pas compatible avec l’ordre fondamental libéral et démocratique ». « L’AfD, précise encore le rapport, ne considère pas, par exemple, les citoyens allemands issus de l’immigration de pays à majorité musulmane comme des membres équivalents du peuple allemand défini par le parti en termes ethniques ». L'office dénonce aussi « une agitation continue contre certaines personnes ou groupes de personnes ». On le voit, la nuit de cristal n'est pas loin dans l'esprit des arbitres de la démocratie allemande...
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