Par Joie Des Mots
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L’Occident a perdu le sens du commandement et de l’obéissance.
Il a perdu le sens de la contemplation et de l’action.
Il a perdu le sens de la hiérarchie, du pouvoir spirituel, des hommes semblables à des dieux.
Il ne comprend plus la nature.
Pour les Occidentaux, la nature n’est plus un corps vivant fait de symboles, de divinités et de gestes rituels — une harmonie, un cosmos dans lequel l’homme évoluait librement, tel un « royaume dans le royaume ».
L’Occident ne connaît plus la sagesse ; il ne reconnaît ni le silence majestueux de ceux qui sont maîtres d’eux-mêmes, ni le calme illuminé des voyants, ni la réalité « solaire » et fière de ceux en qui les idées sont devenues chair, vie et puissance.
Il a cédé à la contamination sentimentale, religieuse et humanitaire, et à l’émergence d’une humanité agitée, bruyante, enivrée par l’exaltation du devenir et de la « praticité », parce que le silence et la contemplation les effraient.
L’Occident ne connaît plus l’État : l’État en tant que valeur, l’Empire comme synthèse de spiritualité et de royauté, tel qu’il resplendissait en Chine, en Égypte, en Perse et à Rome, a été submergé par la misère bourgeoise d’un cartel d’esclaves et de marchands.
Ils ne connaissent plus de guerriers, seulement des soldats, et même une guerre mineure suffit à les terroriser et à les faire reculer vers la rhétorique de l’humanitarisme et du pathos
L’Europe a perdu la simplicité, elle a perdu son centre, elle a perdu la vie.
Le malaise démocratique la ronge jusqu’à la moelle — dans le droit, dans la science, jusque dans la pensée. Il n’y a plus de chefs — d’êtres qui se distinguent non par la violence, l’or ou leur habileté à exploiter les esclaves, mais par leurs qualités de vie irréductibles.
C’est un grand corps sans vie, en sueur, agité par une angoisse que personne n’ose nommer, avec de l’or pour sang, des machines, des usines et des armes pour chair, et des journaux pour cerveau — un grand corps poussé ici et là par des forces obscures et imprévisibles qui écrasent sans relâche quiconque ose s’y opposer ou simplement tenter d’échapper à la machinerie.
Telle est l’« œuvre » de la civilisation occidentale.
Voilà le résultat tant vanté de la superstition du « progrès », au-delà de l’impérialisme romain, au-delà de l’Orient antique — l’immense océan.
Le nœud se resserre toujours davantage autour des rares encore capables d’un grand dégoût et d’une grande révolte.
Julius Evola (extraits)
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