Par Joie Des Mots
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Cet été, des hordes adolescentes ont envahi des piscines, saccagé des marchés et pourri des fêtes de villages. Cette violence sans cause révèle une génération perdue, privée de langage et incapable de réprimer ses instincts. C’est en partie parce qu’une culture du clan et son code d’honneur tordu ont été importés d’Afrique et notamment du Maghreb.
Mais on ne peut pas tenir les jeunes pour les seuls responsables de cette situation. La faute en est aussi aux décideurs gouvernementaux.
Comme l’expliquent Elisabeth Lévy et Jean-Baptiste Roques en présentant notre dossier : « Une grande partie des élites politiques, économiques et culturelles a œuvré à l’édification d’une société multiconflictuelle, dénigrant la culture française pour encenser toute identité venue des anciennes colonies ». Nouveau phénomène inquiétant : des petites villes et des zones rurales ont été le théâtre de débordements dignes du 9-3. Pour Gil Mihaely, c’est exactement comme si les codes de la banlieue étaient un moyen pour la jeunesse de s’affirmer. Une évolution qui prospère sur fond de trafic de drogue. Un flic d’une commune de taille moyenne du sud de la France, interviewé sous couvert d’anonymat, témoigne des nouvelles formes de délinquance juvénile dans sa ville. La majorité des gamins agressifs revendiquent leur identité arabe et reproduisent le virilisme qui s’y rattache.
Selon Pierre Vermeren, la marginalisation de toute une partie de la jeunesse est le résultat d’une longue et méthodique déconstruction : cette dernière a cassé l’école, brisé le monde du travail, délégitimé la famille et enlaidi l’environnement urbain. Aujourd’hui, une certaine jeunesse, réfugiée dans la drogue, la délinquance et la violence, refuse même de faire des enfants.
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