Par Joie Des Mots
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De l’urgence sociale des années 1980 à la crise d’aujourd’hui
À la création des Restos, la France traversait déjà une fracture sociale : chômage de masse, apparition des « nouveaux pauvres », familles en habitat précaire. En moins de vingt ans, le pays passait de 200 000 chômeurs (1967) à 2 millions (1984). Coluche apportait alors une réponse immédiate : nourrir ceux qui avaient faim, dans la dignité et sans condition.
Quatre décennies plus tard, la situation est encore plus alarmante : 15,4 % des Français vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire en 2023, selon l’Insee – un record depuis près de 30 ans. Aux Restos, 70 % des familles aidées disposent de moins de 608 € par mois, soit deux fois moins que le seuil officiel de pauvreté.
Quand l’État subventionne son propre échec
Les Restos du Cœur, comme d’autres associations caritatives, ne survivent que grâce à la générosité populaire – dons, bénévolat, concerts des Enfoirés – mais aussi grâce à des subventions publiques. En d’autres termes, l’État finance partiellement la gestion de sa propre défaillance, après avoir laissé prospérer une pauvreté qu’il ne sait plus endiguer, lui qui n’a de cesse de charger, taxer, imposer les populations de plus en plus pauvres.
Le système devient pervers : la solidarité privée et associative compense les manquements de la puissance publique, tout en permettant aux responsables politiques d’afficher leur soutien aux « associations de terrain ».
https://www.breizh-info.com/2025/09/26/251739/restos-du-coeur-40-ans-de-solidarite-et-40-ans-de-defaillances-de-letat/
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