Par Joie Des Mots
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Olivier Faure aurait-il enfin compris qu’il s’était fait berner par Sébastien Lecornu ? Ce dernier, dans sa langue technocratique désormais habituelle, a parlé de « suspension » de la réforme des retraites — mot aussi creux que rassurant — qui ne signifie ni suppression, ni amendement, mais un simple report cosmétique d’un texte inchangé. Bref, un rideau de fumée, une manœuvre de couloir typique d’un pouvoir qui ne réforme plus, mais manœuvre, esquive et calcule.
L’ironie est totale : après avoir sauvé le gouvernement d’une motion de censure, voilà que Faure menace désormais de le censurer… s’il ne « va pas plus loin » dans la distribution de mesures sociales et dans l’instauration de la fameuse taxe Zucman — invention fiscale magique censée faire pleuvoir la justice sur un pays ruiné.
Ainsi va la France : de chantage en reniement, d’alliance improbable en contradiction totale.
Depuis les dernières législatives, notre nation ressemble moins à un navire en difficulté qu’à un bateau ivre, pour reprendre l’image visionnaire de Rimbaud : un bâtiment sans maître, battu par les vents contraires, livré à la houle des intérêts et des humeurs, tandis que son capitaine, grisé par sa propre parole, continue de jurer qu’il tient le cap.
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