Par Joie Des Mots
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Le renoncement français, moteur de la conquête islamique
Je lisais ce matin, au bar des Brisants, ces longs papiers du Figaro qui prétendent s’émouvoir de la « tentation islamiste » gagnant la jeunesse musulmane en France, comme si l’apparition d’un tel phénomène relevait d’une météorologie hasardeuse, d’un brusque coup de vent tombé du ciel. Les chiffres, pourtant, ne sont un secret pour personne et ils ne tombent pas du néant.
Les jeunes musulmans de 15 à 24 ans fréquentent la mosquée quatre fois plus qu’il y a trente ans, ils jeûnent massivement, ils estiment à 57 % que la charia l’emporte sur la loi républicaine, les filles se voilent trois fois plus qu’en 2003, ils éprouvent à 42 % de la sympathie pour les thèses islamistes. Tout cela est désormais mis en pleine lumière par l’étude de l’Ifop et les reportages alarmés d’Yves Thréard, Jean-Marie Guénois et Richard Flurin.
Je les lis, entouré du ressac, des goélands en maraude, du sel qui s’infiltre partout comme une vérité persistante.
Et je me dis que le vrai scandale n’est pas ce qu’ils décrivent, mais le fait qu’ils semblent découvrir ce que tout observateur sérieux savait déjà depuis une génération.
Je ne vois rien de tel dans la France d’aujourd’hui. Le Figaro écrit que « la France doit se reprendre et vite ». Je me demande, face à mon café noir, ce que signifie cette injonction lorsqu’une nation a renoncé à elle-même. Car l’islam n’avance pas en France par la seule vigueur de sa foi, mais parce que la France recule à chacun de ses pas. Les politiques cèdent devant lui, non par conviction, mais par calcul électoral.
Ils savent que cette jeunesse ne leur ressemble pas, qu’elle ne partage ni leur histoire, ni leur mémoire, ni même la plus élémentaire familiarité avec le destin français.
Ils espèrent pourtant, dans une sorte de chimère démocratique, séduire un électorat qui leur est étranger. Ils modulent leurs discours, effacent leurs mots, se taisent là où ils devraient parler, renoncent là où ils devraient tenir, persuadés qu’une courbette pourra remplacer une politique.
Ce n’est pas de la faiblesse, c’est une forme moderne de superstition, l’idée obscure qu’en flattant l’autre on désarmera sa différence.
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