Par Joie Des Mots
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Ce n’est pas un « fait divers ». C’est un signe. Un signe de la banalisation d’une violence devenue familière, acceptée, presque intégrée à notre horizon mental. L’irruption de la lame dans la chair ne provoque plus le choc moral qu’elle devrait susciter ; elle s’ajoute à une litanie. Comme si l’acier, prolongement immédiat de la main, avait retrouvé droit de cité dans nos espaces publics, et que la société s’était résignée à composer avec lui.
Le couteau n’est pas une arme comme les autres. Il est intime. Il impose la proximité, le face-à-face, parfois le regard. Il ne tue pas à distance : il humilie, il domine, il inscrit la violence dans le corps de l’autre. Il dit : je n’ai pas peur de la loi. Il dit aussi : je fais justice moi-même. À travers lui s’exprime un rapport au monde où la force prime sur la règle, où la contrainte immédiate l’emporte sur la médiation, où le conflit se résout par la domination et non par l’arbitrage.
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