Par Joie Des Mots
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Sous la surface de terre asséchée des anciens marais grenoblois, les archéologues ont rencontré, au cours de leur fouille, une structure maçonnée de plan carré, mesurant plus de 8,2 mètres de côté. Cette plate-forme servait alors de base à un gibet de bois et de pierre documenté dans les archives entre 1544 et 1547. Les plans conservés témoignent d’une construction à huit piliers solidement ancrés dans la maçonnerie, entourés de fossés, assez vaste pour exposer de nombreux corps aux regards de ceux qui entraient en ville. La Justice grenobloise procédait alors ainsi : la condamnation à mort s’effectuait en place publique, plus précisément sur la place aux Herbes, puis la dépouille était suspendue hors des murs afin que chacun voie que le crime ne paie pas.
Trente-deux squelettes ont été exhumés sur un terrain bordant l’Isère. Ces restes humains, entassés dans dix fosses, ont soudain rappelé que la mort judiciaire, dans l’Europe moderne, ne s’arrêtait pas au dernier souffle. En effet, elle se prolongeait dans l’exposition d’une chair morte, nécrosée et exposée aux yeux de tous, avant d’être mise à l’écart du reste de l’humanité, dans une fosse. Les squelettes mis au jour racontent ainsi une histoire sombre. Déposés sans véritable soin, ces corps, appartenant majoritairement à des hommes, reposent les uns sur les autres, traduisant le statut infamant de leur mort.
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