Par Joie Des Mots
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Voici revenue l’inévitable période des vœux. Partout en France, dans nos communes petites ou grandes, nos départements, nos régions, vont se succéder à une cadence effrénée les cérémonies des vœux. Exercice obligé, sincère ou pas, intéressé ou non, à quelques mois des élections municipales. Peu importe, finalement, si ce moment, si fugace soit-il, se révèle l’occasion, dans une France fracassée, de sentir que nos appartenons à des communautés qui ensemble forment une nation qui devrait nous unir.
Inévitables, aussi, les vœux présidentiels. Avouerai-je que je n’ai pas eu le courage de les écouter. Entendre l’intonation mielleuse de mauvais prêcheur d’Emmanuel Macron est au-dessus de mes forces. Mais je me suis rendu sur le site de l’Élysée afin de les lire. Comment ne pas ressentir une forme de malaise, tant les propos ne coïncident pas avec la réalité ! « La France tient », affirme le Président. Mais justement, elle ne tient pas. Oh, certes, il y a une façade qui peut faire encore illusion : les forces armées, la police et la gendarmerie font leur devoir dans des conditions de plus en plus difficiles, l’administration fiscale fonctionne (spécialité française, paraît-il), les contrôleurs contrôlent. Principalement les honnêtes gens qui ne font pas de problème. Mais la vérité est que rien ne va plus. Et les Français le savent bien et le vivent mal.
Laissons donc le Président à ses vaticinations pour envisager ce que nous pouvons nous souhaiter en tant que Français. Il y a peu, un lecteur évoquait la dédicace de Charles Maurras à son ami René-Marc Ferry, apposée sur son livre L’Avenir de l’intelligence : « Tout désespoir en politique est une sottise absolue. » Remarque juste, car le désespoir engendre le découragement et le découragement l’inaction. En juin 40, Churchill, seul contre tous mais soutenu par son roi, a promis qu’il ne se rendrait jamais ! Et un général de brigade inconnu, réfugié à Londres, entouré d’une poignée de royalistes, de Juifs et des marins de l’ile de Sein a compris que la guerre était une guerre mondiale et qu’il fallait être dans le camp des vainqueurs. À court terme, le désespoir était compréhensible, peut-être même apparemment raisonnable.
Et pourtant, c’est le fait de résister et de combattre ce qui paraissait impossible à vaincre qui était la juste voie.
https://www.bvoltaire.fr/chronique-2026-que-vive-en-nous-lesperance-francaise/
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