Par Joie Des Mots
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A Nantes, où ont été entassés les prisonniers faits à Savenay, le Conventionnel Jean-Baptiste Carrier commence par fusiller par groupes de cent ou deux cents. Cette méthode lui semble trop peu expéditive, et l'entassement des cadavres propage les épidémies.
Pourquoi ne pas charger la Loire du soin de débarrasser la République de ceux qui refusent ses bienfaits ?
Il fait couler dans le fleuve une gabarre sur laquelle quatre-vingt-dix prêtres ont été entassés. Ce n'est qu'un premier essai. La technique des noyades est mise au point : chaque nuit, dans les prisons, on prélève cent ou deux cents détenus, on les jette dans des bateaux à fond de cale, et, sabords et pont dûment cloués, on fait couler bas les embarcations.
Carrier appelle ces baignades des « déportations verticales ». Si des hommes et des femmes périssent de la sorte, ligotés ensemble, il en fait des « mariages républicains ».
Après ces exploits, la Loire, promue au rang de « baignoire nationale », charrie des corps dont se repaissent les poissons et les corbeaux : le chargé de mission de la Convention peut se targuer d'avoir noyé quatre ou cinq mille hommes, femmes et enfants. Mais il se vante et il en rajoute : en six noyades, des calculs plus modérés portent sur 1 800 victimes, dont peut-être 800 pour la baignade la plus réussie. Et il se peut que les « mariages républicains >> relèvent de la propagande antirévolutionnaire.
A Angers, le maire ne veut pas être en reste : « On a en trois jours, écrit-il, fusillé environ 800 brigands au Pont de Cé, et jeté leurs cadavres dans la Loire.
A Quiberon, en juin 1795, les Chouans et les émigrés qui les ont rejoints doivent capituler. Le général Humbert leur promet la vie sauve. Hoche, obéissant aux ordres de la Convention, applique la loi : 952 prisonniers sont fusillés près de Sainte-Anne d'Auray, au Champ des Martyrs.
C'est l'ultime épisode d'une « Solution finale >> dont s'affirment satisfaits les représentants Hentz et Francastel. Ils écrivent dès le 21 avril 1794 : << Vous pouvez être assurés que la Vendée est un désert et qu'elle ne contient pas 12000 personnes vivantes. >>> Carrier, de son côté, publie sa profession de foi : « Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer à notre façon. >>>
Le coût de la révolution française - René Sédillot
Extrait chapitre Génocide Vendéen durant la révolution française
Ma grand-mère me racontait souvent qu’une de ses ancêtres avait dû épouser un ci-devant révolutionnaire pour ne pas être jetée dans la Loire.
Mon mari, qui travaillait sur des dragues de Loire avait repêché une cuillère armoriée.
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