Par Joie Des Mots
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Demi défaite ?
Il y a eu, paraît-il, de violents débats au sein de la direction et des différentes rédactions de France Télévision pour savoir s'il convenait ou non de maintenir la soirée d'hommage prévue sur France 2 et France 3 à l'occasion du décès de Brigitte Bardot.
Finalement, la diffusion de Viva Maria !, le film de Louis Malle, a été retardée de trois jours mais pas déprogrammée, de même que la rediffusion d'un vieux documentaire condescendant et tape à l'oeil de Laurent Delahousse sur la carrière et la vie privée de l'égérie de Serge Gainsbourg (sans doute afin d'équilibrer les atermoiements de Delphine Ernotte, qu'on sait toujours soucieuse de complaire à la CGT-maison qui plaidait pour la censure).
Demi-victoire ?
Demi-défaite, plutôt. Les pharisiens du progressisme puritain et les punaises du féminisme institutionnel ont montré à cette occasion qu'ils étaient capables de déverser leurs tombereaux de merde même sur la tombe de la plus prestigieuse des vedettes du cinéma français sans qu'on puisse balayer leurs plaintes d'un simple crachat symbolique, comme il eût été encore d'usage de le faire il y a dix ans.
Il suffit désormais de trois phrases xénophobes, anticonformistes ou hostiles à l'islam proférées publiquement pour ruiner la réputation de n'importe quelle diva ou génie international et anéantir des décennies de gloire mondiale incontestée. On en conclura ce qu'il faut en conclure quant à l'évolution des moeurs et du temps.
Delon, lui, est mort juste à temps, peut-être protégé par l'éloignement de la Suisse.
Gageons que lorsque Depardieu partira rejoindre au Purgatoire Jean Carmet, Patrick Dewaere et Maurice Pialat, il n'aura droit à rien.
Pierre Robin
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