Par Joie Des Mots
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"Je passe mon temps à déjeuner avec des politiques" avoue Alain Duhamel sans préciser qui paie les additions à 300 euros par personne avec les poncifs en entrée et la moraline au dessert. Ce vieillard à l’appétit insatiable n’a toujours pas dételé à 85 ans et il squatte avec les siens la mangeoire du prêt-à-penser institutionnel. En Sicile comme à Chicago ou à New York, les parrains vous le diront avec l’accent corse « La famiglia é tutto per noi. »
Les journalistes qui déforment au lieu d’informer, rien de plus normal pour ce cacique chenu dont l’amphigouri emphatique tient lieu de réflexion philosophique.
Deus ex machina, il a initié une nouvelle espèce de charlatans. Regardez-les, toutes ces copies interchangeables, ces robots lustrés et calamistrés, ces jeunes gens lobotomisés qui passent si bien à l’antenne. Blindés de culot et de certitudes.
Hommes ou femmes au brushing impeccable, aux fringues hors de prix et au parler ampoulé, l’inculture leur tient lieu de passeport, le conformisme de coupon de rente, l’arrogance envers les rebelles de titre de civilité. Inexistants, ils se croient importants. Opportunistes, ils s’avèrent importuns. Anachroniques, ils s’imaginent en avance. Plus risible, certains ambitionnent d’exister par eux-mêmes. Quand ils ne sont que des récitants bien dressés.
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