Par Joie Des Mots
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Je me suis engagé pour trois ans. Et puis, vous savez, dans l'armée, on se fait des copains. Certains devaient aller en Indochine. Ils disaient : "On va se quitter, c'est bête ... Viens avec nous." A la fin, j'ai dit : "Oui, pourquoi pas ? Pourquoi est-ce que je n'irais pas en Indochine ?"
Pour y aller, il fallait que je fasse d'abord une demande de prolongation d'engagement à cinq ans. C'était obligatoire pour l'Indochine. Puis, une demande de départ en campagne. Comme je n'avais pas 18 ans, l'autorisation de mes parents était nécessaire. Ils me l'ont envoyée. Très vite. Le courrier marchait bien, à cette époque... Et c'est comme ça que je suis allé en Indochine.
Pour suivre des copains.
Oui. Pour partir, quoi... Je ne me suis pas engagé parce que je voulais faire la guerre. L'Indochine, pour moi, ce n'était rien, sinon que ça se passait très loin, que c'était l'aventure, que j'y allais avec des copains. J'étais bien avec eux.
Et ça a vraiment été l'aventure ?
Je crois que ça restera la plus belle époque de ma vie.
Pourquoi ?
A cause de la liberté, du sentiment de liberté que j'avais.
Dans l'armée, un sentiment de liberté ?
Pour moi, oui. Par rapport à ce que j'avais connu, c'était la liberté. J'étais à 20 000 km de chez moi, j'étais bien.
Alain Delon
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