Par Joie Des Mots
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« La haine : ce terme n’appartient ni au droit romain, ni à la tradition juridique européenne classique. Il est une importation récente du monde anglophone, forgée à partir des années 1980 dans les universités américaines, au croisement du militantisme identitaire, de la psychologie victimaire et du droit antidiscrimination.
Le hate speech (discours de haine) ne désignait pas, à l’origine, l’appel explicite à la violence, déjà sanctionné par le droit pénal classique, mais toute parole perçue comme hostile à des groupes définis non plus politiquement, mais anthropologiquement.
Cette mutation est décisive.
Elle substitue à la responsabilité de l’acte la culpabilité de l’opinion, et à la preuve juridique le ressenti subjectif.
Comme l’a montré Alain de Benoist, nous sommes passés d’un droit fondé sur les faits à un droit fondé sur les affects.
Michel Foucault avait décrit ce basculement comme un passage du régime de la loi à celui de la norme.
On ne punit plus ce qui trouble objectivement l’ordre public, on corrige ce qui s’écarte d’une normalité morale définie par les élites.
Hannah Arendt, de son côté, avertissait que lorsque l’opinion devient un crime potentiel, le politique cesse d’être un espace de confrontation pour devenir un dispositif de gestion des comportements.
La haine n’est plus un sentiment à établir, ni une intention à démontrer, elle devient une étiquette performative qui dispense de toute discussion. »
Balbino Katz
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