Par Joie Des Mots
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C’est quelque chose qui devrait être martelé : le “grand remplacement” expression forgée par l’écrivain Renaud Camus n’a absolument rien à voir avec une théorie scientifique. Dénier à ce terme toute prétention à la scientificité est une manière de lutter contre la diffusion de ces mots.
En effet, il est impossible d’empêcher la circulation d’une idée vraie ou fausse, utile ou néfaste : encore une fois, un tueur raciste se réclame du grand remplacement, cela s’est déroulé ce week-end aux États-Unis, un suprémaciste blanc a tiré sur 13 personnes dans un supermarché de Buffalo, il en a tué 10, et presque toutes les victimes sont noires. Mais le New York Times, qui relate ce massacre, qualifie une fois de plus le “grand remplacement” de théorie.
Alors certes, il existe des théories scientifiques fausses, c’est même à cela qu’on les reconnait, à leur capacité, comme le disait le philosophe Karl Popper de pouvoir être réfutée : l’éther ou la mémoire de l’eau sont des théories mais de fausses théories. Pour autant, la théorie scientifique a une forme de dignité, une présomption de réalité qui est parfaitement usurpée dans le cas du “grand remplacement”, il suffit pour le comprendre de remonter à l’ouvrage éponyme de Renaud Camus.
Car même celui qui a forgé la notion ne la présente pas comme une théorie mais un “concept”, autrement dit un mot plein, nommant de manière abstraite une réalité concrète.
Or on ne voit rien d’abstrait dans cette image du grand remplacement, dont l’auteur dit qu’il s’agit d’une idée “simple”, “il y a un peuple et presque d’un seul coup, il y a à sa place un ou plusieurs autres peuples”.
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