Par Joie Des Mots
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Il est des vérités que l’on repousse tant qu’elles ne s’imposent pas d’elles-mêmes. Celle-ci en est une : le Liban n’est plus seulement frappé, il est exposé. Exposé comme une proie l’est à des prédateurs patients, méthodiques, convaincus que l’usure vaut mieux que la conquête frontale.
Depuis le 28 février 2026, date du basculement régional consécutif aux frappes israélo-américaines contre l’Iran, la mécanique est enclenchée. Au 18 mars 2026, le bilan est sans appel : au moins 968 morts, plus de 2.400 blessés et plus d’un million de déplacés. Ce ne sont pas des statistiques de guerre, ce sont les premiers chapitres d’une désagrégation. Des régions entières se vident, des lignes de vie disparaissent et, avec elles, l’idée même d’un territoire continu.
Dans ce paysage, la notion de « zone tampon » avancée par Israël prend un relief particulier. Présentée comme une nécessité défensive, elle implique de fait l’évacuation durable de portions du Sud-Liban. L’Histoire récente devrait pourtant vacciner contre cette rhétorique : entre 1982 et 2000, une occupation dite provisoire s’est installée pendant près de vingt ans. Ce qui commence comme une précaution se termine souvent comme une frontière. Et ce qui est vidé un temps finit rarement par être rendu intact.
https://www.bvoltaire.fr/tribune-liban-lart-de-depecer-un-pays-au-nom-de-sa-securite/
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