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L’héroïsme personnel : sévère à punir et obstiné à endurer


L’important à propos de cet idéal est évidement la double exigence faite à la nature humaine. Le chevalier est un homme de sang et d’acier, un homme habitué à la vue de visages ravagés, de moignons en lambeaux et de membres arrachés. Il sait aussi être un convive discret, presque comme une demoiselle, dans les dîners, un modeste doux, jamais inopportun.

Il n’est pas un compromis, un juste milieu entre la férocité et la douceur ; il est féroce au dernier degré et doux au dernier degré.

Quand Lancelot fut nommé le plus grand parmi les chevaliers du monde, « il pleura comme un enfant qui eût été battu ». [...]

Achille ne sait rien de cette exigence dictant au brave d’être aussi modeste et miséricordieux. Il massacre les hommes qui implorent sa grâce et prend des prisonniers pour les tuer à son bon plaisir.

Les héros des sagas nordiques n’en savent rien non plus : ils sont « sévères à punir et obstinés à endurer ». [...]

Le voilà l’héroïsme naturel, l’héroïsme en dehors de la tradition chevaleresque.

L’idéal médiéval a rassemblé deux choses qui n’ont naturellement aucune tendance à graviter l’une vers l’autre. [...] Ce faisant, le Moyen Âge créa un espoir pour le monde.
C.S. Lewis

 

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