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La Presse … (les m*rdias des sévices publics ?)


Je connais depuis fort longtemps la presse et ceux qui la font. Personnellement, je l’ai quittée très jeune, après quelques années de métier dans différents médias, sur différents sujets. En vérité, j’ai très rapidement compris que cette profession était, dans son entièreté, compromise par l’appétit des actionnaires, l’argent des annonceurs et tout un système de favoritisme qui empêchaient non pas les journalistes de faire leur métier, mais les patrons de presse de demeurer des contre-pouvoirs.

Ma carte professionnelle rangée au fond d’un tiroir, je me suis intéressé à la publicité puis à la communication des entreprises. Quitte à passer la brosse à reluire, autant gagner de l’argent. Pendant ces décennies plus ou moins lucratives, j’ai vu ce que devenait ce presque plus vieux métier du monde. De plus en plus sollicités, invités et cajolés par des attaché(e)s de presse complaisant(e)s, anesthésiés par un traitement quatre étoiles parfois hors-norme, conscients que le quatorzième et le quinzième mois se gagnent en “faisant des ménages” chez ces salauds d’annonceurs, tous ces gens se sont adaptés à un nouveau profil carriériste qui ne ressemble plus du tout aux rêves héroïques du jeune rédacteur frais émoulu d’une école de journalisme bien de gauche, comme il se doit.

Conscients de cette chute terrible, honteux de leur cupidité dissimulée, fruit de leurs amours coupables avec le grand capital et les subventions très orientées, cette cohorte de plumitifs à clavier ressert maintenant les rangs en se forgeant des convictions en carton. Ainsi s’agrège-t-elle sur des critères complètement bidons tels que “l’intérêt collectif”, le “cercle de la raison”, “le sérieux et la crédibilité politiques” ou la magnifique “observance d’un minimum déontologique”. Cet état d’esprit forge le conformisme idéologique qui caractérise les journalistes français en 2026, qu’ils traitent de politique, de justice, de faits divers, de nautisme, de ruches à miel ou de rotors électriques. Tous ont le souci de former un club aux règles d’échange rigides et aux idées pré-moulées : tout ce qui vient du mainstream est béni, tout ce qui est en marge devient soit du complotisme, soit du fascisme, souvent les deux.

Ainsi, j’observe avec une certaine délectation mes ex-confrères se régalant de l’expulsion de Xenia Fedorova, une consœur pourtant, qualité qu’ils refusent d’ailleurs de lui attribuer sur les seuls critères de l’appartenance nationale, de la vertu morale et de la rectitude politique. Eux-mêmes, patriotes sur parole, adeptes des arrangements personnels et de la générosité républicaine, ont oublié depuis longtemps de se regarder dans une glace. Gauche ou droite, ils sont unanimes : elle méritait les chaines à Cayenne, voire une décolation en place de Grève, et le gouvernement est encore bien gentil de la laisser filer dans son gourbi moscovite avec un baluchon et une brosse à dents, étant donné que Bercy lui confisque tous ses avoirs.

Ce pli politique nouveau, pris directement à l’Élysée, est conforme à la stratégie belliciste de Bruxelles. Il aggrave la situation de plus en plus précaire de la liberté de pensée et d’expression en France macroniste.

Et les journalistes se réjouissent. Réellement. Ils sont heureux de voir que le pouvoir reconnait et loue leur servilité en punissant toute personne s’opposant dorénavant aux récits officiels.

C’est le signe que ce métier est mort et que j’ai eu du nez de le quitter quand il commençaient à toussoter quelques perles de sang sur le blanc mouchoir de la conscience professionnelle, au détour des années 80.

J.-M. M.

 

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