Par Joie Des Mots
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« Ingérence informationnelle ». Laurent Nuñez a trouvé le coupable de Ceuta : c’est vous qui avez filmé et regardé le réel !
Relisons lentement. Des dizaines de milliers de personnes franchissent illégalement une frontière européenne. La scène est filmée. Les vidéos circulent. Et le problème identifié par le ministre de l’Intérieur français n’est ni le franchissement, ni le nombre, ni le pays voisin qui a laissé faire — c’est le fait que les images circulent.
L’ingérence, en somme, ne commence pas quand la frontière tombe. Elle commence quand vous le voyez.
Il faut rendre hommage à la constance lexicale du pouvoir. Avant « ingérence », il y a eu « populisme ». Puis « complotisme ». Puis « fake news ». Puis « désinformation ». Puis « illibéralisme ». Puis, dans le registre des trouvailles de conseiller en communication, « tenaille identitaire ».
Chaque saison sa nouveauté. Le principe reste identique : trouver un mot qui dispense de répondre. Ce n’est pas un argument, c’est un procédé de classement. Vous n’êtes pas en désaccord avec la politique migratoire — vous êtes un vecteur.
L’avantage du terme « ingérence » sur ses prédécesseurs est qu’il porte un parfum d’étranger. Le complotiste était un imbécile ; l’agent d’ingérence est un traître. On monte d’un cran.
https://www.breizh-info.com/2026/08/05/262957/ingerence-informationnelle-laurent-nunez-a-trouve-le-coupable-de-ceuta-cest-vous-qui-avez-filme-et-regarde-le-reel/
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