Par Joie Des Mots
/image%2F1252996%2F20260803%2Fob_3cce01_listverse.png)
Selon la nature de la sépulture, les vies antiques continuent de susciter à la fois respect et horreur. Ces dernières années, les restes humains ont révélé des faits inédits et surprenants, remis en question des croyances établies et soulevé de nouvelles énigmes fascinantes que les experts s'efforcent de résoudre.
Depuis les ancêtres les plus lointains, en passant par d'étranges hybrides humains, des massacres et des monuments commémoratifs, les morts peuvent révéler des rituels inattendus, de l'ADN, et même la paix là où aurait dû régner la guerre.
Des étrangers à Stonehenge
Stonehenge compte parmi les plus vastes nécropoles du Néolithique récent en Grande-Bretagne. Quelque 56 fosses ont autrefois accueilli les restes incinérés d'au moins 58 individus. En 2018, des scientifiques ont sélectionné 25 sépultures afin d'en déterminer les origines.
Les taux de strontium (une signature liée à l'alimentation) de chaque individu ont été analysés et comparés aux caractéristiques environnementales et aux données dentaires relevées à travers le Royaume-Uni. Le résultat fut surprenant : dix de ces personnes n'étaient pas originaires de la région et avaient passé les dernières années de leur vie bien loin de la plaine de Salisbury.
Un indice a attiré l'attention des chercheurs lorsque les signatures isotopiques en strontium de plusieurs de ces individus se sont révélées correspondre à celles du pays de Galles. Or, Stonehenge entretient un lien majeur avec le pays de Galles : celui des « pierres bleues ». Les piliers du monument provenaient d'une carrière située dans l'ouest du pays de Galles, à près de 290 kilomètres de là. La datation approximative des ossements coïncidait avec la période d'extraction de ces pierres, aux alentours de 3000 av. J.-C.
Ces individus étaient peut-être des Gallois chargés du transport des pierres, décédés par la suite en Grande-Bretagne. Certains semblent avoir été incinérés à l'aide de bois provenant du pays de Galles ; cela implique qu'ils sont morts près de chez eux avant d'être transportés, pour une raison inconnue, jusqu'à Stonehenge pour y être inhumés. Cette découverte offre un aperçu inédit d'un réseau de déplacements et d'échanges d'une ampleur étonnante, actif il y a déjà 5 000 ans.
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog