Par Joie Des Mots
En guise d’étrennes 2012, Jacqueline a reçu une jolie lettre de licenciement. Au mois de juillet suivant, les bonnes nouvelles pleuvent : son toubib diagnostique un cancer. De chômeuse, elle passe en arrêt maladie. C’est désormais la Sécu qui l’indemnise.
Léger détail : un chômeur malade est deux fois moins dédommagé qu’un chômeur "actif" (50 % du salaire de base journalier). Lorsqu’elle se rend à la Caisse primaire d’assurance-maladie de son quartier pour déposer sa demande de prise en charge, Jacqueline sait donc qu’elle passera de 1 500 à 750 euros par mois. Ce qu’elle n’avait pas prévu, en revanche, ce sont les délais de traitement des dossiers. Fin septembre, toujours rien : désormais sans ressources, voilà deux mois qu’elle ne paie plus son loyer et ne survit, avec sa fille de 15 ans, que grâce à la générosité de sa famille. "Manque de personnel", lui explique-t-on à la Sécu. Contactée le 10 octobre par Le Canard, la caisse dont dépend Jacqueline a expliqué qu’elle commençait seulement à traiter les quelque 2 115 dossiers reçus au courrier du 20 août !
Heureusement, la solution a été trouvée : une chef de service est désormais "responsable des délais de traitement". Ouf !
Le Canard Enchaîné N° 4854 du 6 novembre 2013
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