Par Joie Des Mots
Par Nathalie Funès
Les anciens présidents n’ont pas besoin de se lever tôt pour gagner plus. Tout ou presque leur est payé. Nicolas Sarkozy va pouvoir à son tour profiter des largesses du modèle social français. Lui qui a tant fustigé « l’assistanat » va bénéficier, comme tous les anciens présidents de la République, d’une retraite aux petits oignons.
Ce ne sont pas tant le montant de la pension (6 000 euros versés jusqu’à ce que mort s’ensuive) et le droit de siéger au
Conseil Constitutionnel (12 000 euros supplémentaires) que les avantages annexes qui pourraient faire des envieux. La République met à sa disposition un appartement de onze pièces, nichées dans
323 mètres carrés, au premier étage d’un immeuble haussmannien, rue de Miromesnil, au cœur du triangle d’or parisien. Loyer mensuel : 15 000 euros, entièrement pris en charge par l’État, en
plus de l’eau, de l’électricité, du gaz et du téléphone.
L’ancien locataire de l’Élysée pourra y installer sept collaborateurs à temps plein (un chef de cabinet, deux assistants, un fonctionnaire des archives nationales et trois secrétaires
dactylographes), deux domestiques et deux fonctionnaires de la Police nationale, chargés de la sécurité, eux aussi payés par la République. Tout a été également prévu pour ses déplacements :
voiture de fonction avec deux chauffeurs à disposition, mais aussi billets SNCF et Air France gratuits, à vie et en 1ère classe (pour Monsieur et
Madame).
Et si l’envie lui prend d’aller dans un pays étranger, l’ambassadeur sur place devra s’occuper de son hébergement. C’est une lettre de quatre pages datée du 8 janvier 1985, adressée à Valéry
Giscard d’Estaing et signée du Premier ministre de l’époque, Laurent Fabius, qui a jeté les grandes lignes du train de vie que la République se devait d’assurer à ses présidents retraités. La
tradition coûterait entre 1,5 et 2 millions d’euros par an et par ancien président.
Plus de trente ans après avoir quitté le pouvoir, Valéry Giscard d’Estaing, installé boulevard Saint-Germain, aurait même obtenu récemment de bénéficier de deux domestiques supplémentaires. L’ancien chef d’État n’a pourtant guère de problèmes de fin de mois. En plus de son émolument de membre du Conseil Constitutionnel, il cumule ses retraites de président de la République, député, inspecteur des Finances, Conseiller Général et Conseiller Régional. Plus de 30 000 euros par mois !
(illustration : Le 77 rue de Miromesnil - VIIème - 323 m² en 1er étage pour Sarko)
Le Nouvel Observateur N° 2483 du 7 Juin 2012
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