Par Joie Des Mots

Rouler sur un lac est une transgression.
Seuls les dieux et les araignées marchent sur les eaux.
J’ai ressenti trois fois l’impression de briser un tabou.
La première, en contemplant le fonds de la mer d’Aral,
vidée par les hommes.
La seconde en lisant le journal intime d’une femme.
La troisième, en roulant sur les eaux du lac Baïkal.
Chaque fois,
l’impression de déchirer un voile.
L'œil regarde par le trou de la serrure.
Sylvain Tesson
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